HISTORIQUE
Dans le cadre d'un programme financé par les Nations Unies, l'ADIS est un des 5 opérateurs chargé de la mise en place de Plateformes Multifonctionnelles (dites PTF) au Burkina Faso.Globalement une PTF c'est un moteur thermique qui, par des jeux de courroies, fait fonctionner différentes machines, broyeurs, concasseurs, moulins à farine, petit générateur électrique. Il est essentiellement destiné à faciliter le travail quotidien des femmes (sinon c'est 3 heures par jour à piler le mil et les autres denrées).
Sur la commune de Poa, une PTF avait été construite et équipée à Poa bourg mais les femmes des hameaux éloignés ne pouvaient y accéder. C'est pourquoi l'ADIS a demandé à Tik-To sa participation pour implanter au hameau de Godin ce type de dispositif. En plus de la PTF, il a été imaginé de développer différents ateliers qui pourraient permettre aux femmes de développer des activités et ainsi se procurer un revenu. Cet ensemble a été baptisé Centre de Développement Economique Féminin (CeDEF). Ce projet a été réalisé entre 2009 et 2012 avec le soutien financier du Conseil régional des Pays de la Loire.
FONCTIONNEMENT
La partie PTF fonctionne tous les jours. Un meunier en chef est responsable de l’entretien et de la mise en route du matériel et du fonctionnement. Deux femmes bénévoles veillent également au bon déroulement. Cela tourne de 10h du matin jusqu’au soir si nécessaire. En moyenne il y a 20 familles qui viennent moudre chaque jour. En général les femmes viennent avec plusieurs sacs (mil, maïs, arachide, karité…). Toutes les familles de Godin et limitrophes viennent au Cedef .
Les ateliers
Savon : 2 femmes formées sont responsables. Cela fonctionne bien maintenant. La production est double : en carré vente en cartons aux administrations, en boule aux individuelles car les femmes le préfèrent en boule cela tient mieux dans la main.
Beurre de Karité : 27 femmes formées (financement Tik-To de février 2014) produisent, en plus des productions personnelles, au Cedef un beurre de karité avec des normes de production (pureté, propreté…).
Ce beurre est vendu localement ou à des acheteurs togolais. Sur le prix de vente : ½ est la matière première, ¼ est pour les frais de l’ADIS, ¼ à la femme qui a fabriqué. Une certification bio est en vue (noix de la forêt de Balé, zone protégée) ce qui permettrait un marché avec le Canada pour un revenu double pour les femmes.
Pâte d’arachide : 17 femmes participent à cet atelier. Elles décortiquent, torréfient, pressent les arachides : la pâte est vendue sur place et à Ouagadougou. Le tourteau qui reste après pressage est utilisé pour la consommation humaine : petits gâteaux (bons mais nourrissants!), sauce arachide pour les plats traditionnels…
Semoule de maïs jaune : Il s'agit de moudre et de faire sécher le maïs produit à la saison des pluies. 1Tonne a été livrée au ministère de l’action sociale.

Rechargement de portables et de batteries en permanence quand la PTF tourne.
Farine de volaille (action prévue pour bientôt) pour les groupements de volaille. Cette farine a une composition précise mise au point par des italiens à base de maïs, de soja, d’arachide préparé sur place plus un peu de farine de poisson (Mopti), de farine de moule aquatique (Boromo) et de vitamines. Cette farine est préparée par le meunier aux heures de non affluence (il est rémunéré à 10% du prix).
Soja (action prévue pour bientôt): un stock est déjà effectué pour être broyé au Cedef. Il y a une demande importante pour l’alimentation humaine, steaks de soja, lait de soja et yaourt de soja. Les sous produits sont utilisés pour les farines animales (poules).
Graine de coton : Dans le projet du Cedef, il était prévu une presse (semi professionnelle) pour extraire de l'huile de différents végétaux (karité, soja, arachide, coton, jatropha...). Son utilisation pour l’arachide n’est pas idéale car pour relativement peu d’huile en plus, elle ne produit pas de tourteau utilisable et valorisable. De même pour le karité, la qualité demandée par les importateurs étrangers nécessite un pressage plus doux. Quant au jatropha, l'ADIS souhaite le limiter dans des haies en bordure de champs et il ne pousse bien que s'il a de l'eau. Il n'y a qu'à Boromo en bordures des champs irrigués qu'il se développe et cela ne fera jamais une grosse production. De plus il y a un problème technique, le moteur actuel (12 CV) est trop limite pour fournir suffisamment de puissance pour elle (en effet si la presse fonctionne, plus rien ne peut tourner). La presse est pour l’instant en attente.
L’ADIS est en pourparler avec la SOFITEC (société burkinabé de coton) pour faire une prestation de service pour presser l’huile. Cela apporterait des mois de travail pour un atelier au Cedef.